Archive pour la Catégorie 'BaseClip'

Capital-Workshop, la conférence de référence pour les créateurs de jeunes entreprises innovantes

Comme certains d’entres vous le savent déjà, j’ai présenté le projet BaseClip au Concours national d’aide à la création d’entreprises de technologies innovantes 2009, organisé conjointement par le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche (MESR), Oséo et l’ANR. Le résultat du concours est attendu courant juin.

Dans le cadre de cette participation, j’étais gracieusement invité hier à Capital-Workshop, une journée de conférence faisant partie de la Capital-Week organisée par Mar-Tech & Finance. Je n’attendais pas grand chose de cette journée, j’ai été agréablement surpris ! De 9h à 18h, les conférences étaient toutes plus intéressantes les unes que les autres…

Capital-Workshop

Capital-Workshop

Studieux et assidu comme à l’époque de mes études à l’EFREI, j’ai terminé avec 17 pages de notes et surtout la sensation que c’est vraiment le moment de foncer et de créer une entreprise technologique.

Voici un peu en vrac les points importants que j’ai retenu de cette journée :

  • La création fin 2008 du Centre Francilien de l’Innovation, qui regroupe les anciens CRITTs. Ce centre propose des subventions pouvant aller jusqu’à 70 000 euros pour les entreprises innovantes implantées en Ile-de-France.
  • Si vous recherchez des investisseurs, vous devriez visiter les sites de France Angels, de l’Afic et de l’Unicer qui comportent des annuaires.
  • Le montant moyen investi par une personne redevable de l’ISF est de 10 à 20 000 euros. Si vous recherchez des sommes beaucoup plus importantes via ce biais, vous devriez demander à vos investisseurs de se constituer en holding, ce afin d’éviter d’atomiser son actionnariat (ces derniers continuent de bénéficier des 75% d’abattement d’impôt).
  • Vous êtes redevable de l’ISF mais vous ne savez pas ou placer votre argent. Il y a mieux que les fonds ISF type FCPI ou FIP (50% de déduction) : les holdings ISF agrées par l’AMF (75% de déduction hors frais), exemple avec Cap ISF qui était présent à Capital-Workshop.
  • Sinon il y a la plate-forme Oséo Capital PME qui met en relation les investisseurs et les sociétés en recherche de financement.
  • Faire une due-diligence sur ses investisseurs, appeler les administrateurs des sociétés dans lesquels l’investisseur à précédemment placé son argent.
  • Concernant le CIR et la JEI, je vous invite à consulter le Guide du Crédit d’Impôt Recherche et le Guide pratique de la Jeune Entreprise Innovante écrits par le MESR.
  • La jeune entreprise universitaire (JEU) est en place depuis janvier 2009. Cela comporte les mêmes avantage qu’une JEI, mais pas de condition de 15% de recherche, à condition que le projet soit issu d’un projet de recherche dans un établissement d’enseignement supérieur (une convention doit être signée avec l’établissement).
  • Selon une étude du Syntec, seulement 6% des entreprises on eut des problèmes lors de contrôles fiscaux à cause du CIR. S’il y a un bon processus de suivi de la recherche, il n’y a pas de raison d’avoir de soucis (et pas non plus de raison de demander un rescrit). Le CIR est remboursé en moyenne sous 4 semaines.
  • Les réseaux sociaux professionnels : pour certains commerciaux, c’est devenu le premier moyen de prospection. 60% des recrutements faits par le cabinet Altaide se font sur LinkedIn ou Viadeo (voir la présentation faite par Altaide à Capital Workshop : Les 10 conseils clés du Recrutement et de la Gestion RH en Start-up)
  • En Europe, les brevets logiciels ne peuvent être déposés que s’ils comportent des interactions physiques.
  • 2009 est la 11e édition du Concours national d’aide à la création d’entreprises de technologies innovantes. Il y a en moyenne 1 100 dossiers déposés par an. Plus de 1 000 entreprises innovantes ont été créées depuis la première édition.
L’accompagnement des startups high-tech en France

L’accompagnement des startups high-tech en France

    Je vous invite également à lire L’accompagnement des startups high-tech en France qui est véritablement la bible pour nous créateurs d’entreprises (innovantes ou non d’ailleurs). Son auteur Olivier Ezratty était d’ailleurs présent à Capital-Workshop, peut-être que son essai sera mis à jour bientôt…

    Encore une fois, félicitations à Emmanuel Libaudière et les équipes de Mar-Tech & Finance. Cette journée justifie à elle seule une participation au concours du Ministère de la recherche !

Une définition simple du web sémantique

Pour paraître savant, il m’arrive de temps à autre de présenter BaseClip très vaguement : « on fait du web sémantique »… Je me doute bien que dans 99,99% des cas mon interlocuteur ne sait pas ce qui se cache derrière cette phrase, quand bien même il aurait déjà vu ou entendu l’expression.

Logo BaseClip

Logo BaseClip

Mais alors le web sémantique, qu’est-ce que c’est ?

Pour comprendre il faut commencer par s’intéresser à deux concepts de linguistique qui sont mis en opposition : la syntaxe et la sémantique. En somme la syntaxe porte sur la forme des phrases, c’est à dire les caractères et les mots employés, tandis que la sémantique concerne le fond, le sens. Ainsi les deux phrases suivantes ont deux syntaxes différentes mais une seule et même sémantique :

  • Chef d’État américain
  • Président des États-Unis d’Amérique

Le web tel que nous le connaissons a été inventé par Tim Berner-Lee dans les années 80. Il permet à chacun d’accéder à des ressources au travers d’un réseau informatique. Ces pages web étant écrites dans un langage qui nous est propre, nous en comprenons le sens. Cependant les programmes informatiques ne parlent ni français, ni anglais, ni tout autre langage de communication utilisé par l’Homme. Voici donc l’objectif du web sémantique : permettre à des programmes informatiques d’interpréter la sémantique des pages web.

Alors en quoi le web sémantique va-t-il améliorer notre quotidien ?

Il y a de nombreuses applications possibles au web sémantique, BaseClip en est une. Mais pour mieux en comprendre l’intérêt, prenons l’exemple d’un moteur de recherche. La plupart des moteurs de recherche que nous utilisons aujourd’hui (Google, Yahoo, Live Search…) effectuent leurs recherches sur la syntaxe des pages. Ainsi si vous cherchez « Président des États-Unis d’Amérique  » dans Google vous obtiendrez une liste de pages qui contiennent les termes « Président  », « Etats-Unis  » et « Amérique  ».

Résultats pour Président des Etats-Unis d'Amérique dans Google

Résultats pour Président des Etats-Unis d'Amérique dans Google

De la même manière, une recherche sur « Chef d’Etat américain » donnera une liste de pages résultats contenant « Chef », « Etat » et « américain ».

Résultats pour Chef d'Etat américain dans Google

Résultats pour Chef d'Etat américain dans Google

On vient donc d’effectuer 2 requêtes dans Google ayant exactement le même sens, pourtant Google nous a affiché 2 listes de résultats différentes. Si un moteur de recherche sémantique performant voit le jour, il devrait être capable d’afficher une seule liste de résultats pour toutes les recherches de sémantique identique.

Le problème est que pour que de telles applications puissent voir le jour, il faut réécrire le web en utilisant des langages de descriptions sémantique (RDF, OWL, FOAF, etc.). Selon une étude de Gartner parue en 2007 (le fameux Hype Cycle des technologies émergentes, j’aurais sûrement l’occasion d’en reparler sur ce blog), il faudra plus de 10 ans pour que le marché du web sémantique arrive à maturation, c’est à dire que le web ait été suffisamment réécrit avec ces langages.

Mais il y a cependant aujourd’hui 2 types de projets qui portent sur le web sémantique.

Premièrement il y a ceux qui cherchent à structurer le web pour permettre dès aujourd’hui des applications sémantiques : Freebase, Twine, OpenCalais, DBPedia, etc… J’aurai l’occasion de revenir sur ces projets, puisque BaseClip innove dans ce domaine grâce à une technologie d’agrégation sémantique.

De l’autre côté il y a des moteurs de recherche sémantique, qui essayent de traduire les requêtes en langage naturel (principalement l’anglais pour l’instant). Les résultats des recherches proviennent généralement des projets cités ci-dessus. Aujourd’hui j’ai choisi de vous présenter 3 de ces projets.

Google

Peu de gens le savent mais Google a déjà intégré une fonction de recherche sémantique sur la version américaine du site. Sur un nombre très restreint de question comme par exemple :  »What is the capital city of France? » (« Quelle est la capitale de la France ?« ), Google affiche la réponse à la question avant la traditionnelle liste de résultats (ici Capital: Paris 48°52′N 2°19.59′E / 48.867, 2.3265).

Recherche "What is the capital city of France?" sur Google US.

Recherche "What is the capital city of France?" sur Google US.

Powerset

Cette société acquise par Microsoft pour 100 millions de dollars mi-2008. A mon avis c’est cher payé, mais à l’époque c’était le seul moteur de recherche sémantique à avoir fait parler de lui. Powerset peut également répondre à la question What is the capital city of France? mais bien que comprenant plus de questions que Google, il donne assez rarement directement la réponse, se contentant souvent d’afficher le passage d’un article Wikipedia pouvant la contenir. Notons que Microsoft à déjà intégré cette technologie à son moteur de recherche Live Search (What is the capital city of France?).

Recherche "What is the capital city of France?" sur Powerset

Recherche "What is the capital city of France?" sur Powerset

TrueKnowledge

Le challenger. Alors que les 2 précédents projets proviennent de la Silicon Valley, TrueKnowledge a été créé par des anglais de Cambridge. Le service est encore en bêta et vous aurez besoin d’une invitation pour l’utiliser (ça tombe bien j’en ai 20, laissez moi un commentaire avec un email correct dans le champ email si vous souhaitez l’essayer).

Pour moi c’est le service le plus impressionnant, TrueKnowledge comprend un grand nombre de requêtes et reformule votre question à sa manière. Il répond directement aux questions et lorsqu’il ne connaît pas la réponse, il vous propose de lui apprendre. Un moteur de recherche collaboratif et sémantique en un. J’ai essayé « How old is Steve Jobs?« , pas de problème : 53 years, 11 months and 26 days old.

Recherche "What is the capital city of France?" sur TrueKnowledge

Recherche "What is the capital city of France?" sur TrueKnowledge